Je cite : « sous l’égide d’une « matriarche » qui à l’aide de deux sœurs, l’une qui convoque et l’autre qui sert de réceptacle au rituel, ces trois femmes guident la tribu pour invoquer l’esprit de leurs ancêtres depuis le rocher du savoir ».
Un article paru dans la presse voici plusieurs mois relatant ce spectacle, créé dans le désert d’Arabie saoudite, interprété uniquement par des femmes, avait retenu toute mon attention.
Lulu n’a pas manqué sa reprise au Théâtre de la Ville.
Cela nous vaut de beaux passages ondulants sensuels, et harmonieux.
Quand s’y mêle la « danse des cheveux » généralement pratiquée par la population locale à l’abri de regards extérieurs, une certaine fascination s’empare des spectateurs pour cette exécution à la fois singulière, virtuose, violente et intense.
Exercée par deux sœurs, seules ou avec l’ensemble des interprètes noyées dans les volutes de fumées, ou sous d’étranges masques blancs, on assiste à toutes sortes de gestuelles magiques, d’incantations, ou bacchanales déchaînées.
Bien qu’admirablement exécutées, simiesques, grimaçantes, reptiliennes, les « sorcières » en font des tonnes.
Sur la scène du Théâtre de la Ville, un grossier décor en carton pâte remplace la grotte naturelle, les pierres du savoir authentiques, le cadre, les couleurs grandioses du désert.
Hors son lieu originel, en dépit de son aspiration à une spiritualité universelle proche de la nature, malgré la beauté des costumes de la créatrice saoudienne Manal Aldowayan, du talent incontestable des interprètes, le spectacle perd de son authenticité, pire, diffuse des relents bollywoodiens.
On espérait un chef d’œuvre.
Sacrificielle, non sans rappeler « Le Sacre du Printemps »
Une pièce à la limite du factice.
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