« O mon bel inconnu » chronique de janvier 2025, « Gosse de riche », décembre 2024, « Les contes de Perrault » avril 2025, sans oublier l’inoxydable « Art du rire » de Jos Houben, vu « ante Lulu » aux Bouffes du Nord, à sa création en 2008.
C’est toute guillerette, d’un cœur léger, qu’ à titre exceptionnel, Lulu s’est rendue en matinée au théâtre de l’Athénée, fidèle programmateur de cet ensemble.
L’intrigue, toute de légèreté, met en scène un éditeur de bibles devenu richissime.
Affublé de la plus avaricieuse des épouses, le mari s’avère généreux jusqu’à la prodigalité.
Son seul souhait, répandre le bonheur autour de lui.
Aussi voilà notre héros compromis par trois jeunes femmes auxquelles il n’a pu résister, trop ému par leur prétendue précarité financière.
Poursuivi par les insistances de ces belles, redoutant l’ire matrimoniale, il charge son meilleur ami avocat cupide, d’ « acheter » le silence de ses conquêtes.
Voilà lancée l’intrigue, suite de quiproquos vaudevillesques avec ses personnages de comédie joliment croqués par ces auteurs à l’incontestable sens de l’humour.
Avec son célébrissime refrain « Tea for two, two for tea » de cette comédie américaine, première comédie musicale reprise dans le monde entier depuis sa création en 1925 à Boston, les metteurs en scène ont souhaité une transposition dans les années soixante dix.
De cette période, dite des trente glorieuses, le décor se veut l’illustration :
Des panneaux mobiles, horizontaux et verticaux font se croiser sur une surface ondulée ou striée, d’agressives associations de rose fluo, orange vif, jaune citron, rouge carmin.
Assurément « Pop », voyant, mais froid et sans charme.
Contradictoire, illogique, Oria Puppo, la scénographe, signe également des costumes « années vingt » :
pour les dames, robes « charleston » dans d’affreux coloris perroquet, costumes cravates épaulés pour les messieurs. Guère mieux lotis, les danseurs bermudas cyclistes, bérets plats et gilets longs noirs contrastent
avec leurs chemises criardes et chaussettes assorties.
Un ensemble tapageur,dénué de subtilité.
Funeste conséquence sur l’impression d’ensemble.
Ajoutons le recours aux micros, gage d’une sonorité trop souvent dénaturée, une pratique répandue, récemment dénoncée dans un grand quotidien.
Prétexte à une joyeuse conclusion, la soirée verra tous ces personnages se retrouver après bien d’inattendus rebondissements.
Marion Préïté, décevante en Nanette, ce rôle d’innocente effrontée et têtue. Malgré sa perruque à boucles blondes, elle ne convainc pas en adolescente délurée, faussement ingénue.
Présence sur scène aussi efficace qu’une Pauline Carton, elle conjugue tous les talents et révèle son sens accompli du comique. Sans équivoque la meilleure de la distribution féminine pour le moins inégale.
Bravo messieurs.
Contrairement à toutes les soirées évoquées au début de cette chronique,
Cette représentation n’a pas convaincu Lulu.
La bouffée d’air frais, le souffle de légèreté espérés,
Laissent qu’une impression d’inabouti forcé.
Si les Frivolités Parisiennes, règnent en maîtres sur la comédie musicale française.
Il n’en pas de même pour l’américaine marquée par de légendaires interprétations : il suffit de se souvenir de Fred Astaire chantant « Tea for Two ».
La démonstration est sans appel.
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