Parcourue dès la première heure d’ouverture afin d’en goûter les plaisirs non encore dévoilés,
Sans éclat, voire poussiéreuse, scolaire, didactique,
Cette nouvelle exposition du MAD n’apporte rien de révélateur à tout amateur tant soit peu familier des salles permanentes du Louvre restaurées voici quelques années, du musée Camondo ,de la fréquentation régulière de grands antiquaires parisiens tel Guillaume Léage, sans oublier châteaux et expositions temporaires de Versailles.
N’en méprisons pas pour autant les quelques trésors, pépites et découvertes glanés au fil du parcours.
Choix entièrement subjectifs de LULU.
Divisées en douze séquences, chacune d’elles conjuguent contexte historique et descriptions précises d’un hôtel aristocratique dans les années mille sept quatre vingt.
Abordé par la rue, sale et jonchée d’immondices, lieu d’un affichage sauvage, l’aristocrate ne se déplace qu’en chaise à porteurs ou dans son attelage.
Détail amusant : les recommandations médicales du docteur Tronchin préconisent la promenade à pied « Un bâton à la main » ou une canne très haute utile aux femmes qui « tronchisent » en talons plats.
Cette vogue des cannes en font un objet de grand luxe, comparable à celui des tabatières, (se souvenir le l’exposition au musée Cognac Jay en 2024) boites à mouches et bonbonnières.
Afin de protéger leurs fins escarpins, ces dames portent des socques pour enjamber les flaques, le mantelet, muni de sa capuche, dit « coqueluchon » la protège des regards, voire dissimule larcins ou grossesses.
Toujours au chapitre déplacement nous apprenons que Paris est la capitale européenne de la carrosserie.
L’intérieur des berlines, plus légères et maniables que le carrosse, est aménagé pour améliorer le confort des voyages.
Afin d’en faire, déjà, le « prolongement » de son intérieur,
Le corps de logis domine la rue comme sur les places royales, ou se développe en cour d’honneur et jardin d’agrément.
Voici un lieu privilégié dans lequel, selon Boileau, on peut :
« Foulant le parfum de de ses plantes fleuries, aller entretenir ses douces rêveries »,
coiffée en été de ce chapeau de paille, dit « bergère »,à larges bords et calotte plate ornée de ravissants nœuds, vêtue d’un frais ensemble provençal en toile de lin brodé,
Suivent les rappels suivants :
L’extension de la capitale vers l’ouest, la dispositions des pièces d’apparat en enfilade, la création de nombreux couloirs et escaliers de service pour faire circuler les domestiques, la distinction des appartements de Monsieur et de Madame, l’importance variable des « maisonnées » en fonction des degrés de fortune et l’évolution de la mesure du temps :
Sobre et minéral, alliant pierre et marbre, pilastres et niches pour les statues, seul un poêle en faïence vient parfois le réchauffer comme ce magnifique exemple au conduit soutenu par des noirs, et au sommet orné de feuilles de palmier.
Dans Chambre de Madame, et son Boudoir conjuguent confort et intimité.
Bel exemple avec cette chaise longue « brisée » dont le confort permet d’étendre ses jambes, garnie de ses coussins moelleux, mobiles : « les carreaux », munie d’un dossier incliné vers l’arrière, ici « en gondole » et de roulettes pour faciliter son déplacement.
Émouvant don Camondo, cette ottomane (pensons aux « Liaisons dangereuses »),
cette très précieuse table volante, en cabaret, de l’atelier Martin Carlin décorée de bronze ciselé doré, avec son plateau, en fine porcelaine de Sèvres-Vincennes pour recevoir les boissons chaudes ainsi cette chocolatière (porcelaine de Sèvres).
« Faire des nœuds » au moyen de fils de soie et navettes constitue un des passes-temps favoris de Monsieur autant que Madame.
Différence notable avec les métiers des tisserands, ces métiers et navettes sont de « véritables bijoux » par la richesse de leur matériau.
Rassurez-vous, les galons ainsi fabriqués servent de passementerie pour orner mouchoirs, pochettes, vêtements, jarretières. Le cartel précise que cette production « mondaine » porte le nom de « frivolité ». Voyez d’exquis exemples sur la ci-dessous.
La Salle de Bain.
Aussi surprenante que séduisante, nous voici devant une des reconstitutions les plus réussies du parcours.
Si l’usage de l’aiguière et de sa cuvette est destiné au lavage des mains, celui de large bassin pour les pieds, et du... bidet pour les parties intimes, les personnes les plus fortunées possèdent une baignoire.
Quel luxe, quel raffinement caractérisent cette pièce réservée à l’hygiène.
En fond de décor une baignoire à dosseret en cannage peint de blanc, accoudoirs tapissés, avec une riche aiguière en argent et sa cuvette posées sur un plateau.
Au premier plan, le mobilier. « fonctionnel » : le dossier à échancrure d’un fauteuil en rotin tressé (à l’image de la baignoire) dit « de toilette » facilite le coiffage des longs cheveux féminins.
Remarquable par sa forme et sa conception, la table de toilette « en cœur » pour homme signée Topino.
Le cabinet ou la bibliothèque de Monsieur.
Au siècle des lumières, l’étude des sciences, des arts, de la philosophie, le goût des objets exotiques, composent les passe- temps des gentilshommes, et souvent de leurs épouses.
Présenté dans le boudoir de Madame, pour rédiger sa correspondance, admirons ce merveilleux bonheur du jour de travail admirable signé Martin Carlin, alliant bois de rose, érable ondé, amarante, bronze ciselé doré, tendre porcelaine de Sèvres. Sur le plateau un bien joli flambeau -encrier en bronze doré.
La salle à manger.
Rappel historique : elle ne s’impose qu’en milieu du XVIIIe siècle comme lieu destiné exclusivement à la prise de repas, sur une table encore à tréteaux.
Cinq vagues de plusieurs plats composent le « service à la française » répondant aux règles de l’époque.
Attardons-nous devant cette table d’apparat pour admirer, entre autres :
L’après-souper nous conduit au Salon de Compagnie et au Petit Salon.
Si la pratique de la musique donne lieu à de petits concerts interprétés par Madame et quelques amis aussi musiciens pour clore harmonieusement la soirée,
Une fois passé ce moment, les invités pourront se partager.
Si certains se consacrent l’art de la conversation, au sens propre du terme au XVIIIe et pratiquée par tous les beaux esprits.
D’autres préféreront s’adonner au jeu.
Les nombreux exemples en illustrent toute la diversité.
Jeux de hasard, loteries telle la cavagnole, jeux de cartes, ou tables de trictrac, témoignent de cette passion répandue à la cour de Versailles et l’aristocratie depuis le XVIIe siècle,
Confinés dans d’étroits espaces à l’éclairage incertain, on ressort de cette exposition avec le sentiment d’un travail sans esprit, conçu et destiné à l’initiation d’un public scolaire ou ... ignorant.
Présente depuis longtemps à chacune des précédentes exposition du MAD, toujours parcourues et commentées avec enthousiasme par Lulu,
Celle-ci, en dépit de quelques trésors sortis de réserves, mentionnés plus haut, s’avère très en dessous du niveau habituel de ce lieu tant apprécié.
Dépit et déception.
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