La manifestation a connu bien des aléas.
Révolue l’époque de la joaillerie triomphante,
Révolu le confinement dans les sous-sol du Louvre,
Révolues les précédentes dénominations.
Place à FINE ART PARIS,
de retour ces dernières années au Grand Palais.
Cette saison dans le décor aéré de Charles Zanin, larges allées, rond-points spacieux, coloris gris clair neutre et chic.
Face à l’entrée, coté antiquaires XVIIIe, curieusement sous représentés,
Benjamin Steinitz affiche sa flamboyance. Spectaculaire, son stand s’ouvre par de monumentaux bustes et potiches.
Comme un pied de nez adressé à son confrère, Guillaume Léage opte pour un décor en...papier à nouveau conçu par l’atelier d’Offard.
Toujours rigoureuse et grande qualité, sa sélection force l’admiration. Entre autres :
Le bureau plat à caissons en marqueterie Boulle d’époque Régence, attribué Bernard 1er Van Riesen Burgh.
Datant du début du XXe siècle, Les Belges Haesaert-Le Grelle présentent un singulier ensemble de Gustave Serrurier-Bovy dont cette paire de chaises, série Saint-Saëns, avec son garnissage d’origine, de 1905, parfaitement conservé.
Chez le spécialiste des porcelaines anciennes montées, Pascal Izarn, le raffinement d’une paire de soupières formant pot-pourri en porcelaine de Chine famille rose, montées en bronze doré d’époque Louis XVI séduit,
Puisque nous évoquons le bleu, les assiettes de Fabienne Verdier, en bleu de Sèvres, occupent tout l’espace du fond avec trois immenses panneaux sponsorisés par Axa, mécène de l’évènement.
Passons aux éditions rares.
Au gré des déambulations, chez le new-yorkais Demish-Danant, sur le devant du stand sont alignés trois sièges signés de nos trois grands créateurs du style 1900 retiennent l’attention.
Quelques jolis exemples de joaillerie « ancienne » sont présentés dans cette vitrine d’Alain Pautot - Bruno Surgères.
Côté Orfèvrerie, sur fond de velours noir, belle exposition personnelle de Goudji chez Capazza,
Dans le style classique, superbes pièces d’argenterie ancienne, chez Gilles Hervy et Ian Panné.
Malgré les reflets de la vitrine, la photo permet d’en avoir une idée.
Très présente cette année, la Céramique.
Chez Hélène Bailly Marcilhac, l’encadrement doré et orné d’une suite de quatre assiettes de Picasso, ne manque pas d’humour.
Les Papiers Peints Anciens, imprimés à la planche chez Carolle Thibaut-Pomerantz ne manquent pas de charme. Objet d’une concurrence sans merci dès le XVIIIe entre l’Angleterre et la France, leur fragilité en constitue la rareté.
Ce segment du décor « Jardin d’Armide » et sa frise de Jules Defossé et Edouard Muller (185) ont conservé toute leur fraîcheur.
Restons dans la « Déco » avec les Tapisseries chez Hadjer où « La femme au miroir » de Miro éclate de vibrantes couleurs,
Sans vouloir faire l’impasse sur la peinture moderne, le nombre des galeries, la plupart connues et reconnues, et les artistes présentés, à la notoriété acquise, conduisent à une forme de saturation inhabituelle dans cette manifestation.
Le nombre restreint d’antiquaires, la disparition de l’art déco et des arts premiers, les rares stands d’art archéologique ou de peinture ancienne privent l’évènement d’une part de son attractivité.
Déjà vus et cités dans ses précédentes éditions, inutile de revenir sur des sujets déjà longuement évoqués.
Remarquées parmi ce foisonnement :
la Mala Gallery qui met à l’honneur l’épouse d’Hartung, Anna-Eva Bergman, avec plusieurs œuvres dont cette tempera et feuille de métal sur toile.
L’unique et seul Tal Coat de tout le salon chez Najuma qui présente aussi ce lyrique diptyque de Degottex.
Fine Art Paris 2026 a bien changé.
Place aux galeries d’art moderne.
D’autres manifestations leur sont largement consacrées : Art Paris, et bientôt Art Bazel. Le salon du dessin.
Leur intérêt n’a pas faibli.
Pour Fine Art Paris, il n’en va plus de même.
Il lui faut retrouver son identité.
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