Ce même Musée, en 2023, nous révélait le grand collectionneur, généreux, attentif, respectueux de ses prédécesseurs et contemporains.
Passé à la Fondation, le brillant Olivier Saillard y organise régulièrement des expositions.
Aucune n’a déçu Lulu, cette dernière l’a enchantée.
L’évidence des similitudes de style s’impose.
Elle illustre la réelle fascination d’Alaïa pour Christian Dior depuis sa jeunesse en Tunisie.
A son arrivé à Paris, il fera un court passage dans les ateliers de l’avenue Montaigne.
Idée reprise et réinterprétée en 1965 par Alaïa sur cette robe longue de satin ivoire toute en fluidité : mutin, un petit nœud fait office de fermeture à la longue fente du dos.
Disposées en croisillon sur une mini robe à fines bretelles, terriblement sexy et provocante celle créée par Alaïa pour Tina Turner sera immortalisée sur la photo de Peter Lindbergh réunissant ce duo explosif.
Interprété par Dior avec une féminité délicieuse sur « Secret » robe de 1952, en 2008, chez Alaïa une évidente sensualité se déploie sur cette robe moulante, jupe entravée avec, devant, un savant effet de quille pour devenir traîne : superbe.
Chez Dior, le bouillonné drape élégamment le devant de jupe de « Zerline », robe de taffetas de soie,
Jouant de l’effet de transparence, Alaïa le travaille sur les hanches dans un léger voile de velours.
Les plis plats,
Les robes de Dior tenaient « toutes seules », c’est exact.
Bustiers baleinés, jupons superposés associant tulle, pongée de soie, organza, tarlatane (dans les ourlets) en font de véritables pièces de Haute Couture.
Les trois modèles ici réunis composent un tableau des plus révélateur.
Sans conteste, le modèle d’Alaïa, avec sa jupe à volant, traité en velours floqué à décor de fleurs rouge et noir sur fond bleu, Haute Couture 2017, surpasse pour une fois celui de Dior « Tulipe »,de 1953 , plus convenu.
Travaillés dans une maille viscose, moulante à souhait, d’un rouge profond, Prêt-à-porté 2013, « souvenir d’une soirée dans les jardins de l’Alhambra » elle côtoie « Andalouse », la bien nommée, Dior Haute Couture 1955, avec cette jupe à volants asymétriques, d’esprit « gitane ».
Christian Dior les introduit dans sa première collection :
« Ils apportent charme, élégance, décontraction, et sont toujours à la mode »
Ils deviennent signe distinctif de la maison comme le précise la Galerie Dior.
Deux modèles simplissimes et non moins réussis en forment le premier exemple.
Alaïa associe la viscose et la soie lamée vert céleste pour ce modèle de 1989, au corsage noué à la taille sous un profond décolleté dos nu et jupe virevoltante.
Le modèler « Bar » de la première collection en 1947 apporta aussitôt à Dior une célébrité mondiale.
Femme-Fleur pour Dior,
Sensuelle et affirmée pour Alaïa,
Une seule certitude chez chacun d’eux :
Une femme-femme, toujours « sublimée et célébrée ».
Une femme « séductrice », reflet de son époque.
Réconfortant au vu de la mode d’aujourd’hui.
P.S. Les « aficionados » devront absolument poursuivre leur visite à la Galerie Dior pour découvrir l’autre importante exposition consacrée à ces couturiers.
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