Cette fois, le magicien nous entraîne dans une évocation inspirée de ses problèmes existentiels : une
rupture amoureuse, les conséquences de la gémellité.
Ces crises le conduisent à sa confrontation avec d’autres »Moi ».
Transposée sur scène, elle devient pérégrination.
Elle débute autour d’une grande table dont les convives portent d’étranges têtes d’oiseaux en carton.
L’une en se soulevant laisse se déployer lentement un nouveau corps d’homme. Spectaculaire subterfuge.
Suit un numéro d’étonnante acrobatie avec l’escalade périlleuse, et comique, d’un très haut escabeau mal déployé. Autre réussite.
Elle précède le monde de la forêt mystérieuse, inquiétante, décor d’ombres toujours réussi.
Marionnette miniaturisée, suivons le personnage à tête d’oiseau, sa rencontre avec un bon gros toutou
sympathique, l’apparition d’un curieux géant, interminables bras et jambes squelettiques, yeux éclairants tels de puissants projecteurs.
Projetés dans un autre tableau, nous voilà dans une grotte sombre, murs d’aspérités, stalactites de mousse au plafond, foyer rougeoyant. Un homme s’y chauffe. Ses ailes retrouvées, il sort de l’abri.
Seul effet spectaculaire du tableau : la soudaine « aspiration » du décor, simple papier froissé disparaissant par une ouverture jusque là invisible, et celle des mousses envolées vers les cintres.
Saluons encore les tournoiements follement accélérés du personnage, mannequin sur épaule, et ceux sur
lui-même d’un autre mannequin dans des lumières intermittentes.
Tentatives de vol, poursuites et échappées au milieu des créatures à tête d’oiseaux, espace dont les murs s’avancent, conduisent le personnage seul face au masque d’oiseau, géant, s’étalant sur un mur brusquement basculé. Joli.
Elles peinent à susciter l’enchantement espéré.
Pour les yeux neufs, elles conserveront tout leur charme.