Attente comblée avec cette première pièce de théâtre d’Anne Giafferi, réalisatrice et scénariste de cinéma.
Assise sur un banc, Catherine, charmante jeune femme lit un livre.
Survient Vincent. Un peu plus âgé, il prend place à ses côtés.
La musique qu’il écoute à plein volume, dérange Catherine dans sa lecture.
Sa demande de baisser le son suscite un premier échange.
Un prélude à de futures rencontres qui verront leurs relations évoluer au fil des mois.
Débutées par des échanges autour de banalités, les conversations deviendront plus amicales et personnelles, immanquablement des liens se tisseront, les rendes-vous chaque fois plus attendus, jusqu’à la découverte d’un amour réciproque, sincère, profond qui vient bouleverser l’ existence de chacun.
Marié, attaché à sa femme, Vincent, compositeur de musiques pour film , projetait de partir s’installer à la campagne.
Catherine vit avec un compagnon souvent très dépressif, père de ses jeunes enfants.
Isabelle Carré, Catherine, délicieuse de sensibilité et d’expressivité discrète, rayonne sur le plateau, irrésistible de charme et de présence.
Bernard Campan, en personnage au tournant de sa vie, perplexe, hésitant, soudain troublé par l’attirance qu’il découvre, confère toute son épaisseur au personnage de Vincent.
A leurs côtés Hélène Babu campe avec justesse la femme de Vincent, Pierre- Antoine Suarez, l’ami du musicien, pas dupe de son penchant amoureux qu’il encourage implicitement non sans humour.
Voilà du vrai théâtre, une vraie pièce,
Construite et développée à partir d’un banal prétexte : un banc, une rencontre,
elle analyse avec tact et délicatesse ces émois tout en nuances chez d’attachants et authentiques personnages.
« C’est un court mais merveilleux moment »
La dernière phrase de la pièce sera aussi la conclusion de Lulu.