Unanimement salué, Lulu lui avait consacré une chronique dithyrambique (chronique de novembre 2022), attribué un LULU d’Or en fin de saison.
Quatre-vingt-treize ne sera pas en lice pour la prochaine distribution.
Savoir lui conférer le rythme de dialogues relève de la prouesse.
Un défi que n’a pas su relever Marion Bierry.
Longueur et redondance des propos pèsent.
Répétitifs, les vingt-sept tableaux lassent.
Mobiles, mais toujours semblables, les panneaux peints de cieux changeants, coulissent sans fin.
Inspirés de ceux, charmants, du « Menteur », ils peinent à convaincre de la multiplicité des lieux d’action.
Mécaniques aussi le jeu des successives apparitions des personnages, surgissant systématiquement de derrière cette scénographie.
Victor Hugo, ardent républicain, consacre son ultime roman à la révolution.
Il se concentre sur l’année de la terreur.
Celle où la République, menacée de toutes parts joue sa survie telle :
« Un camp retranché du genre humain attaqué par toutes les ténèbres à la fois ».
Défenseur des libertés, l’auteur ne dissimule pas les excès de ses dirigeants :
« Soyons terribles » est le mot d’ordre du Comité de salut public.
Il conduira au destin tragico-héroïque des principaux protagonistes :
Gauvin le neveu républicain combattant son oncle le marquis de Lantenac à la tête des « Blancs ».
« N’importe et quoique qu’on en dise la révolution française est le plus puissant pas du genre humain depuis l’avènement du Christ ».
Avec ses envolées ronflantes,
Ses interprétations trop appuyées,
Quatre-Vingt Treize n’en demeure pas moins un spectacle de tréteaux
Un théâtre démodé.