Lulu a vu
  • Home
  • Critiques théatrales
  • Musique & Danse
  • Expositions
  • Ecrire à Lulu

Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce avec Catherine Hiegel, au Théâtre des Bouffes parisiens, le lundi et mardi jusqu’au 23 juin.

14/4/2026

0 Commentaires

 
Puissant antidote.
Image
Crédits Photo : ©Jean Louis Fernandez
Seule garantie pour un euphorique début de semaine : assister à une représentation des « Règles du savoir-vivre dans la société moderne ».

Bréviaire de bonnes manières érigeant les conventions au rang d’une « morale », énumérées tels d’immuables rituels à observer avec la plus grande rigueur, déjà irrésistible en soi, le texte devient soudain aussi corrosif que cruel par les brefs ajouts de Jean-Luc Lagarce se sachant déjà condamné par la maladie.

« Naître n’est pas compliqué, mourir c’est très facile, vivre entre ces deux évènements ce n’est pas nécessairement impossible. Il n’est question que de suivre les règles et d’appliquer les principes et de s’en accommoder. »

Ainsi débute notre « cours « dispensé Blanche Soyer, alias « baronne Staffe », qui se rêve femme du monde alors que son existence s’est déroulée, au XIXe siècle, dans la solitude d’un pavillon de Savigny sur Orge où elle se grise véritablement des règles, codes, protocoles et usages du « grand monde ».

De la déclaration de naissance envisagée dans tous les cas de figures, y compris le bébé mort-né, ponctué d’un « possible envisageable » le choix capital du parrain et de la marraine « préférer les personnes sans enfants », en passant par les fiançailles « vigilances sur les vices secrets, financiers ou génétiques », le mariage qualifié « d’affaire matrimoniale, car affaire », le veuvage qui implique pour la veuve qui se remarie de « garder sa première alliance et d’y superposer la seconde et ainsi de suite « , les noces d’argent et d’or « cinquante années d’heureuse union, n’auraient-elles pas été heureuses , on les célébrera quand même » , jusqu’au deuil que l’on quitte progressivement en passant par les couleurs « pensée et lilas », tout n’est qu’apparences, décorum derrière lesquels seuls règnent intérêt financier et égoïsme :
« L’homme dont la position est médiocre, il en est, ne s’offrira pas comme parrain, fiancé ou quoique se soit ».
Image
Crédits Photo : ©Jean Louis Fernandez
Évoquées avec le sérieux d’un philosophe, la précision d’un entomologiste, les détails des convenances nous réservent les plus délirantes descriptions de boites de dragées, « révélatrices du goût du parrain » ou du contenu de la corbeille de mariage devant comprendre obligatoirement, outre les dentelles, bijoux de famille, et étoffes précieuses, des « bandes de lophophore, dont la solidité autant que la surprenante beauté explique la faveur ».
Image
Crédits Photo : ©Jean Louis Fernandez

Ne départissant jamais de son autorité, habillée de noir que seul éclaire un large col blanc, debout face à d’imposant bureaux, Catherine Hiegel nous assène sans faiblir ce chapelet d’incongruités anachroniques.

Tantôt sévère, tantôt l’œil pétillant, goguenarde, parfois interrogative, mais toujours avec une incontestable assurance, elle manipule son grand registre tel un notaire lisant un contrat.

Une mise en scène, (Martial Di Fonzo Bo) moins démonstrative eut suffi.
Peu importe, avec Catherine Hiegel ce monologue conserve sa puissance dévastatrice et cynique, cette absurde dérision à l’image de nos existences, suprême élégance du désespoir chez l’auteur.
0 Commentaires



Laisser un réponse.

    Critiques théâtrales

    Archives

    Juin 2025
    Mai 2025
    Avril 2025
    Mars 2025
    Février 2025
    Janvier 2025
    Décembre 2024
    Juillet 2024
    Juin 2024
    Mai 2024
    Avril 2024
    Mars 2024
    Février 2024
    Janvier 2024
    Décembre 2023
    Novembre 2023
    Octobre 2023
    Septembre 2023
    Juin 2023
    Mai 2023
    Avril 2023
    Février 2023
    Janvier 2023
    Décembre 2022
    Novembre 2022
    Octobre 2022
    Juin 2022
    Mai 2022
    Avril 2022
    Mars 2022
    Février 2022
    Janvier 2022
    Décembre 2021
    Novembre 2021
    Octobre 2021
    Octobre 2020
    Juin 2020
    Avril 2020
    Février 2020
    Janvier 2020
    Décembre 2019
    Novembre 2019
    Octobre 2019
    Septembre 2019
    Mai 2019
    Avril 2019
    Mars 2019
    Février 2019
    Janvier 2019
    Décembre 2018
    Novembre 2018
    Octobre 2018
    Juin 2018
    Mai 2018
    Avril 2018
    Mars 2018
    Février 2018
    Janvier 2018
    Décembre 2017
    Novembre 2017
    Octobre 2017
    Septembre 2017
    Juin 2017
    Mai 2017
    Avril 2017
    Mars 2017
    Février 2017
    Janvier 2017
    Décembre 2016
    Novembre 2016
    Octobre 2016
    Septembre 2016
    Juillet 2016
    Juin 2016
    Mai 2016
    Avril 2016
    Mars 2016
    Février 2016
    Décembre 2015
    Novembre 2015
    Octobre 2015
    Septembre 2015
    Juin 2015
    Mai 2015
    Avril 2015
    Mars 2015
    Février 2015
    Janvier 2015
    Décembre 2014
    Novembre 2014
    Octobre 2014
    Septembre 2014
    Juillet 2014
    Juin 2014
    Mai 2014
    Avril 2014
    Mars 2014
    Février 2014
    Janvier 2014
    Décembre 2013
    Novembre 2013
    Octobre 2013
    Septembre 2013
    Juillet 2013
    Juin 2013
    Mai 2013
    Avril 2013
    Mars 2013
    Février 2013
    Janvier 2013
    Décembre 2012
    Novembre 2012
    Octobre 2012
    Septembre 2012
    Juillet 2012
    Mai 2012
    Avril 2012
    Mars 2012
    Février 2012
    Janvier 2012
    Décembre 2011

    Photo
Propulsé par Créez votre propre site Web à l'aide de modèles personnalisables.