L’action en est connue : Sœurs, Claire et Solange sont les « bonnes » de Madame.
En l’absence de leur maîtresse, elles se livrent à un jeu de rôle : l’une, Solange, « joue » la bonne au service de Madame, sa soeur Claire.
Dans la salle de bains de Madame, les voilà au moment où « Madame », se pare, choisit toilette et bijoux avant de retrouver Monsieur, son amant, qu’elles ont fait arrêter en envoyant une lettre anonyme le dénonçant pour vol.
Menacées d’être découvertes par l’annonce de la libération de Monsieur, au retour de Madame tout d’abord accablée puis toute à sa joie de retrouver son amant, Claire décide d’empoisonner Madame en versant dans son tilleul des cachets de gardénal.
Le stratagème échouera.
Ce sera Claire qui mettra fin à ses jours en buvant l’infusion mortelle.
Accompagnées sur une musique de rappeur vindicatif, dansée « hip-hop », les actrices affublées de micros déformant leur voix, nous plongent aussitôt dans un univers sans issue, motivé par la haine de classe, réduit aux seuls ressentiments, à la violence ressentie dans les rapports vécus par les bonnes.
RIEN ne subsiste de la subtilité perverse de l’auteur, pas la moindre nuance de sulfureuse poésie tragique.
Abreuvés de hurlements, assistant à un jeu dominé par l’outrance dans le moindre geste, la moindre action, seules dix pauvres minutes d’authenticité lors de la mort de Claire ne peuvent combler pareille méconnaissance de l’auteur.
Dans une expression des plus primaires, la mise en scène de cette dame « première femme directrice du théâtre de Catalogne », « écrivaine », « metteuse en scène » répond parfaitement aux critères de la mode.
Une direction que rend d’exceptionnelles comédiennes grotesques,
Un texte de « poète » uniquement contestataire :
Un gâchis en règle dont Lulu rougit de honte, blêmit de rage.