Un concentré d’humour fantasque, absurde, désopilant . (Lulu de mars 2023).
Les rangs du public clairsemé faisaient peine à voir.
Dans « Le Prix » l’hiver dernier, il semblait s’ennuyer. La pièce ne lui convenait sans doute pas.(Lulu de février 2024)
En cette rentrée, on comprend aussitôt qu’il est l’interprète d’un rôle écrit « sur mesure » : celui d’un vieux comédien célèbre.
Tout commence dans un studio sous les toits où dort un homme, Nicolas Briançon.
Un appel téléphonique qui le réveille nous révèle sa situation financière : malgré les assurances données, on comprend son incapacité à régler les arriérés de la pension alimentaire de son ex-femme qui le laisse bougonnant et maugréant.
Arrive son fils, (Miguel Vander Linden, jeune espoir prometteur) enthousiaste. Un livre à la main, il vient de découvrir le talent de son père auteur oublié d’un roman à succès et fait tout pour l’encourager à reprendre son métier d’écrivain abandonné.
Le retour du père de l’écrivain, Pierre Arditi, vieil acteur à succès mais père indigne ayant totalement négligé sa famille.
Malgré lui, moyennant finances, l’écrivain aigri acceptera de reprendre la plume pour écrire les mémoires de son père.
Le petit-fils, rêvant de devenir acteur, profitera de la venue du grand-père pour apprendre son futur métier.
Il ne reste plus qu’aux protagonistes qu’à faire valoir les mille facettes d’interprétation d’Arditi, laisser s’étaler allègrement son art de la scène déployé dans tous les registres avec l’aisance qu’on lui connaît.
Hélas, l’ambition de cette célébration de l’art théâtral se veut aussi affrontement et règlement de compte familial entre père et fils comme révélateur de l’amour familial.
Les dialogues oscillent volontairement entre vulgarité facile, : « tu es le fruit d’une éjaculation précoce » lance le père à son fils,
les poncifs convenus : l’homosexualité avouée du petit-fils,
les sarcasmes du fils « tu as un ego proche de la pathologie »,
les accents mélodramatiques : « pourquoi n’es-tu jamais venu me voir à l’hôpital ?». Réponse : « Parce que je n’en avais pas le courage » le tout ponctué de l’énumération grivoise des conquêtes féminines de l’acteur, d’une leçon de théâtre « surjouée », jusqu’au du malaise obligé, et l’inévitable pose à la table de maquillage.
Racoleur, superficiel, mécanique, le premier degré fait cruellement ressentir l’absence d’arrière plan.
Peu importe,
Les comédiens semblent comblés,
Le public aussi.
Cela ne fait de mal à personne.
Mais déçoit Lulu dont les attentes ne sont pas les mêmes.