Lulu a vu
  • Home
  • Critiques théatrales
  • Musique & Danse
  • Expositions
  • Ecrire à Lulu

Dolores : texte de Yann Guillon et Stéphane Laporte, mise en scène Virginie Lemoine, avec Olivier Sitruk, François Feroleto, Joséphine Thoby, les danseurs Sharon Sultan et Ruben Molina, et Cristo Cortes, chanteur musicien et Dani Barba musicien

16/9/2025

0 Commentaires

 
Incurable douleur.
Image
Crédit photos : Frédérique Toulet
Tout débute par les confidences d’un vieil ivrogne. Attablé dans un ancien célèbre cabaret,
Malgré l’heure tardive, ses propos éveillent la curiosité du garçon.
Pour la première fois de sa longue existence, ce client va se confier.


Son histoire pourrait paraître invraisemblable, elle est basée sur des faits réels :
Celle de la tragique destinée du duo Imperio y Dolores, danseurs de flamenco connus dans toute l’Europe.
De leur vrai nom, Maria et Sylvin Rubinstein, sont les jumeaux d’une mère danseuse juive et d’un père Duc de Russie.


Leur vie sera marquée au fer rouge de l’histoire.


Elevés en Pologne, malgré une stricte formation à la danse classique, ils préfèrent se consacrer à leur passion pour le flamenco.
Le succès est au rendez-vous :
« Maria et moi, nous étions magnétiques, quand nous dansions ensemble nous n’étions plus qu’un »
​

Image
Crédit photos : Frédérique Toulet

Installés à Berlin, la montée du nazisme les contraint à retourner en Pologne.
Débutent les pires épreuves, suite d’évènements tragiques, extravagants,
De situations invraisemblables, de conséquences héroïques et incroyables.

Image
Crédit photos : Frédérique Toulet

Courageux, déterminés face aux effroyables circonstances, la fratrie se séparera après s’être échappée du ghetto de Varsovie.
Sylvin réussit à fuir après son arrestation et son emprisonnement.
Maria part à la recherche de sa mère pour la mettre à l’abri.
Entré dans un réseau de résistance dirigé par un officier de la Werhmacht opposant à Hitler de la première heure, Sylvin apprend la disparition de sa sœur.
La nouvelle brisera à jamais sa vie.

​Ayant compris qu’il ne la reverra jamais, Sylvin la vengera, inlassablement, sans faiblir.

Souvent déguisé en femme, il multiplie les attentats contre les nazis.
Après guerre, inconsolable à jamais, pour « devenir » Maria il dansera en travesti, sous le nom d’Imperia Dolores suscitant encore l’enthousiasme du public.
Enfin, devenu brocanteur, il repère dans sa boutique les clients attirés par ses souvenirs nazis.
Un moyen de leur « faire casser la gueule » par ses voisins.
​
​Ce récit d’un amour déchirant, d’intensité tragique et troublante: le déguisement, comme une sorte de résurrection, prend vie sous nos yeux avec beaucoup de justesse.

Quelques zapateados endiablés, lumineux, désespérés, furieux scandent avec intelligence les soubresauts de cette histoire hors du commun.​

Félicitons Virginie Lemoine, metteur en scène, pour son très adroit sens du découpage, entre bonds dans l’espace et le temps avec seulement deux tabourets, une table haute et des projections bienvenues sous les éclairages de Mehdi Izza.

Dialogué avec talent par Yann Guillon et Stéphane Laporte leur texte respire l’authenticité, excluant le pathos, ne cédant pas à la facilité démonstrative et sentimentale.


Pas de théâtre sans comédiens. Autre réussite, la distribution.
Olivier Sitruk, Sylvin-Emporio, passe avec une maestria d’un âge avancé à sa jeunesse lointaine,
Joséphine Thoby, délicate Maria pourtant décidée, dégage toute la fraîcheur voulue de cette jeune femme trop tôt disparue,
et François Feroleto, outre son autorité sanglé dans son impeccable uniforme d’officier allemand, endosse brillamment les costumes de différents personnages.
Mention spéciale au flamenco.
​
Image
Crédit photos : Frédérique Toulet

En conclusion, face à l’admiration du garçon, s’exclamant :
« Vous êtes un héros de la résistance »
Sylvin répondra cette phrase sans appel :
« J’ étais un innocent, ils ont fait de moi un assassin »
Laconique et déchirant constat d’un être brisé.


Un spectacle plus que respectable : prenant, surprenant, émouvant.
Un succès annoncé, justifié
0 Commentaires



Laisser un réponse.

    Critiques théâtrales

    Archives

    Juin 2025
    Mai 2025
    Avril 2025
    Mars 2025
    Février 2025
    Janvier 2025
    Décembre 2024
    Juillet 2024
    Juin 2024
    Mai 2024
    Avril 2024
    Mars 2024
    Février 2024
    Janvier 2024
    Décembre 2023
    Novembre 2023
    Octobre 2023
    Septembre 2023
    Juin 2023
    Mai 2023
    Avril 2023
    Février 2023
    Janvier 2023
    Décembre 2022
    Novembre 2022
    Octobre 2022
    Juin 2022
    Mai 2022
    Avril 2022
    Mars 2022
    Février 2022
    Janvier 2022
    Décembre 2021
    Novembre 2021
    Octobre 2021
    Octobre 2020
    Juin 2020
    Avril 2020
    Février 2020
    Janvier 2020
    Décembre 2019
    Novembre 2019
    Octobre 2019
    Septembre 2019
    Mai 2019
    Avril 2019
    Mars 2019
    Février 2019
    Janvier 2019
    Décembre 2018
    Novembre 2018
    Octobre 2018
    Juin 2018
    Mai 2018
    Avril 2018
    Mars 2018
    Février 2018
    Janvier 2018
    Décembre 2017
    Novembre 2017
    Octobre 2017
    Septembre 2017
    Juin 2017
    Mai 2017
    Avril 2017
    Mars 2017
    Février 2017
    Janvier 2017
    Décembre 2016
    Novembre 2016
    Octobre 2016
    Septembre 2016
    Juillet 2016
    Juin 2016
    Mai 2016
    Avril 2016
    Mars 2016
    Février 2016
    Décembre 2015
    Novembre 2015
    Octobre 2015
    Septembre 2015
    Juin 2015
    Mai 2015
    Avril 2015
    Mars 2015
    Février 2015
    Janvier 2015
    Décembre 2014
    Novembre 2014
    Octobre 2014
    Septembre 2014
    Juillet 2014
    Juin 2014
    Mai 2014
    Avril 2014
    Mars 2014
    Février 2014
    Janvier 2014
    Décembre 2013
    Novembre 2013
    Octobre 2013
    Septembre 2013
    Juillet 2013
    Juin 2013
    Mai 2013
    Avril 2013
    Mars 2013
    Février 2013
    Janvier 2013
    Décembre 2012
    Novembre 2012
    Octobre 2012
    Septembre 2012
    Juillet 2012
    Mai 2012
    Avril 2012
    Mars 2012
    Février 2012
    Janvier 2012
    Décembre 2011

    Photo
Propulsé par Créez votre propre site Web à l'aide de modèles personnalisables.