Lulu peut se targuer d’avoir assisté à plus d’ une dizaine de ses pièces, « Oui » avec Claude Duparfait, en juin 2024 et « Après la bataille » avec Catherine Hiegel et André Marcon en 2022, pour ne citer que les dernières.
Dans chacune se déployaient tour à tour : salutaires imprécations ou pudique mal de vivre, dénonciation d’une Allemagne haïssable, ou ridicule des prétentions et convenances, impitoyable mépris des médiocrités hypocrites.
La violence des détestations associés au comique s’y déployaient toujours avec une efficacité jubilatoire, salvatrice.
Fort alléchant, le thème de « Maitre » titre original devenu « Tout est calme dans les hauteurs », caricature un couple odieux, vivant dans une splendide maison à la montagne »Maison d’un juif chassé par les nazis » précise Monsieur,
Lui, Moritz Meister, est un écrivain sans talent aucun, imbu de sa seule personne, un bouffi auto-centré, se qualifiant en toute simplicité :
« De plus grand romancier de la deuxième moitié du siècle »
Elle, Anne, une épouse béate d’admiration, voue un véritable culte à son mari exprimant sa nostalgie de
« Munich, ville essentielle d’Allemagne ».
En partage : des certitudes que rien n’ébranle, des idées toutes faites pétries d’enivrantes prétentions culturelles et de haines à peine dissimulées.
Une étudiante doctorante viendra interroger le Meister, en allemand le « Maître » sur son dernier roman, une Tétralogie, qui aspire à rivaliser, avec « les plus grands chefs-d’œuvre de la littérature mondiale ».
Apparaîtront encore un journaliste et l’éditeur de notre auteur.
Faisant preuve d’une méconnaissance définitive du dramaturge, Jean-François Sivadier nous livre ici une version guignolesque de Thomas Bernhard.
Vêtus d’absurdes costumes, ses pantins gesticulent, grimacent, s’agitent, accumulent sans vergogne les effets les plus éculés.
Outrances dans le jeu, balourdises affligeantes annihilent sans appel toute charge accusatrice
Réduisent la pièce à une vulgaire pantalonnade.
La fin de saison attendue comme une apothéose :
Une impardonnable trahison de l’auteur,
Une lamentable bouffonnerie.